Adrien GARCIA – Artiste coutelier

Adrien GARCIA – Artiste coutelier

A.GARCIA-Portrait

Il m’est souvent demandé d’expliquer d’où me vient ma passion pour la coutellerie :
« Mais, pourquoi les couteaux ? »
J’aime souvent répondre par une image :
« C’est comme lorsque l’on est amoureux. Vous êtes fou d’une fille ou d’un garçon, vous l’aimez, vous savez que vous l’aimez mais vous ne savez pas pourquoi. Vous l’aimez, c’est tout. »

Avec la coutellerie, c’est bien plus qu’un amour qui nous uni, c’est une évidence. Et pourtant, ça ne l’a pas toujours été.
En effet, je me suis longtemps cherché. Petit, lorsque l’on me posait la célèbre et inéluctable question de ce que je voulais faire plus tard, je ne pouvais donner une unique et simple réponse. Je voulais faire des dizaines de métiers différents. Mais pour la plupart d’entre eux, il s’agissait de métiers manuels et créatifs.
A cette époque, je ne savais pas encore mettre les mots pour expliquer ma vocation mais il est clair que j’étais voué à l’artisanat.

Mais l’école, mon entourage, l’adolescence, les doutes… bref, la vie en somme, m’amenèrent à me perdre dans des réflexions et introspections ayant pour résultat la vision d’un avenir incertain, dans lequel je n’imaginais pas prendre ma place.
Quoi faire plus tard ? Fabricant d’objets en bois ? Scientifique ? Travailler avec les animaux ?
Dans l’incertitude, paraissait-il, c’est un « bac S » qu’il fallait faire.
J’entrepris donc la voie générale du baccalauréat scientifique. Une voie pas toujours simple, compliquée même et surtout une voie qui n’était pas la mienne.

A ma période du lycée, c’est en offrant à mon père pour son anniversaire un petit et modeste objet en bois que j’avais fabriqué qu’il me parla de l’école Boulle.
C’est alors que mes passions et rêves d’enfants me réapparurent après des années à m’être oublié devant des tableaux de classes et des devoirs interminables.
L’évidence me sauta aux yeux et pour la première fois, je pu enfin y mettre un mot : je voulais être artisan ! L’ébénisterie devint alors ma muse.

 

C’est lorsque l’on retrouve son chemin et que l’on accepte de l’emprunter que la vie fait alors son possible pour nous aider. Elle m’offrit la chance d’intégrer l’école Boulle dans laquelle j’appris à comprendre la matière, les outils, le bois mais aussi les proportions et le beau. Ce furent des années incroyables au cours desquelles j’appris le savoir et le faire, des années qui poussent votre créativité et votre réflexion à s’exprimer par vos idées et vos mains.

 

L’artisanat, c’est avant tout l’esprit et les mains bien-sûr mais c’est aussi le cœur car sans lui, aucune émotion ne peut entrer dans notre ouvrage. Et, j’aime à le croire, c’est cette émotion qui donne toute son âme à l’œuvre.
Il m’a fallu du temps pour comprendre que je ne pouvais pas m’atteindre entièrement par l’ébénisterie.

L’ébénisterie (ou plus exactement, ce que j’ai appris et pratiqué, à savoir la menuiserie en sièges) m’a ouvert une voie : elle m’a confirmé qu’artisan était ma vocation. Mais elle m’a longtemps murmuré, sans que je m’en rende compte qu’il ne s’agissait qu’entre elle et moi, que d’un premier amour.

Ce sont quelques années plus tard, après avoir travaillé pour une ébénisterie, une menuiserie et des entreprises de décoration et d’agencement, d’abord derrière un établi puis ensuite, petit à petit (et ce, pour plusieurs années…) dans un bureau, derrière un écran que pour la deuxième fois de ma vie, cette errance intérieure se fit sentir.
Ce n’était plus la vision d’un avenir incertain que j’avais devant mes yeux mais celui d’un présent dans lequel de moins en moins de choses avaient de sens. L’établi et la matière me manquaient !

C’est à ce moment de ma vie que j’estime avoir été sauvé par la coutellerie. L’idée de me consacrer à elle s’est imposée à moi. Avant même d’apprendre les rouages de ce métier, je sentais un sourire intérieur, une impatience à rencontrer cette grande dame de l’artisanat.

 

Aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi j’aime la coutellerie. Je l’aime, c’est tout et c’est cet amour qui me porte.
Elle m’est apparue comme une évidence et depuis, à travers elle, tout en moi peut s’exprimer. Mes couteaux sont le fruit d’envies, de recherches, de sensations et de dépassements. Ce sont des défis permanents.
J’ai longtemps cherché ma voie. Un bac S, la menuiserie, les bureaux d’études… j’ai longtemps cherché quel rêve réaliser.

 

Désormais, je pense avoir compris que ce sont mes rêves d’enfant que je souhaite réaliser pour, à travers eux, me réaliser moi-même.
Je crois que la coutellerie fait partie de ces quelques trésors que, enfant, j’enfouis en moi pour m’amener plus tard à découvrir mon véritable chemin personnel.

Mes prochains salons

-Salon des métiers du terroir et de l’artisanat, du 4 au 6 octobre prochain, Espace Daniel Salvi – 2 rue des colombes, ZAC de l’Aunaie 91610 Ballancourt sur Essonne

-Salon des métiers d’art du plateau Briard (« nouveaux talents 2019 »), du 11 au 13 octobre 2019, au Gymnase, rue du Faubourg st-Marceau, Marolles-en-Brie.

-Salon du couteau et des arts de la table de Lyon, du 16 au 17 novembre 2019, Espace Jean Couty, 1 rue de la pépinière royale, Lyon 9e

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