Joëlle Acoulon – Artiste peintre

Joëlle Acoulon – Artiste peintre

Sans-titre-22-fevrier-2019

Depuis toujours, les couleurs me fascinent et la peinture m’intéresse. Depuis qu’adolescente, j’ai découvert l’abstrait, les arts premiers et orientaux, lors de visites de musées, et grâce aux cours organisés hors du cadre scolaire par un professeur, cette attirance s’est constamment renforcée.

Pourtant, des études de lettres (3e cycle) m’ont longtemps conduite du côté de l’écriture. Mais, parallèlement, je suis restée captivée par tout ce qui s’affranchit des mots pour susciter l’émotion, les arts graphiques et la danse contemporaine en particulier.

Adulte, j’ai toujours eu dans mon entourage des ami(e)s artistes, chorégraphes, photographes, amateurs, collectionneurs. Dans un cadre professionnel, j’ai eu l’occasion d’en rencontrer et d’en interviewer un certain nombre.

J’ai aussi édité un portfolio « Outre-toiles » composé de textes inspirés par des œuvres d’un ami peintre et de leurs reproductions. J’ai écrit et publié chez Séguier un livre d’entretiens avec le chorégraphe Jean Gaudin, Les équilibres du vertige.

Présidente d’une galerie associative, j’ai participé à l’organisation des expositions et assumé le commissariat de l’une d’entre elles. Depuis 2009, toujours dans un cadre associatif, je mets en place les « Goûters de l’art », exposition biennale dans les granges du hameau où je vis. Malheureusement, la pandémie m’a conduite à annuler l’édition prévue en 2020.

Mais, jusqu’en mars 2011, à part quelques tentatives peu satisfaisantes, je ne pratiquais pas. L’informatique qui fait partie de mon univers depuis près de quarante ans m’a « débloquée ». À cette date, un magazine consacré à l’art numérique a publié un article qui parlait d’un générateur de fractales, gratuit.

Par curiosité, je l’ai téléchargé et commencé à en créer, à les « bousculer », à jouer avec leurs limites, puis à élaborer un processus de création. Dans un premier temps, je m’attache à « gommer » leur aspect très itératif, à rester sur le fil entre symétrie, répétitions et chaos. Je les associe à des textures, des photos, des éléments de peinture numérique et utilise le potentiel des calques, modes de fusion… Pour ne pas tomber dans le procédé, je privilégie toujours l’expérimentation et aime ménager une petite part au hasard.

Mon ambition, à travers mon travail sur les formes et les couleurs, vise à ouvrir, sans passer par les mots, les portes de l’imaginaire, des émotions. Il s’agit pour moi de « donner à voir » selon les termes d’éluard, et non d’expliquer ou d’indiquer ce qu’il faut voir.

C’est pour cette raison que j’exclus de guider quiconque dans sa lecture ou son interprétation en donnant des titres à mes créations ou en proposant un texte d’accompagnement. La rencontre entre l’œuvre et celui (ou celle) qui la regarde devient alors le lieu d’un réel échange, l’espace d’une fusion entre couleurs, atmosphère et expérience, vécu, sensibilité.

Les couleurs du monde

L’univers coloré de la nature même malmenée par l’Homme est une source inépuisable d’inspiration. Un outil informatique, utilisé en amont de la conception des fractales me permet de « voler » les nuances d’une image ; que celle-ci montre l’infiniment petit ou l’immensément grand.

Peu à peu, celles de paysages d’automne, de Jupiter, des écorces remarquables, des papillons, des yeux d’animaux… ont commencé à ponctuer mon travail.

Et, en 2019, cette tendance a pris de l’ampleur jusqu’à inspirer une série. Elle est devenue ensuite un projet au long cours intitulé « Les couleurs du monde ».

Récifs coralliens, marais salants, rizières, bassins de fonte des glaciers islandais, sites hors normes… me permettent d’explorer les nuances, la richesse et l’infinie variété de notre univers, si beau, mais si fragile.

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