Le Château de la Gabelle

Le Château de la Gabelle

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Parenthèse authentique et enchanteresse au cœur des champs de lavande

On devine cette bâtisse isolée et sauvage au détour d’une route depuis laquelle elle ne dévoile qu’une tour massive. Entourée d’une nature omniprésente, il faut vraiment s’y arrêter pour découvrir l’intégralité de l’édifice. On y est accueilli par les propriétaires, la famille Blanc, passionnée par ce bâtiment et ses terres. Le château date du XIIIème siècle et fit partie de la seigneurie de Montbrunles-bains.

En 1560, lors des guerres de religions, il est ravagé dans un incendie. Le bâtiment sera reconstruit pour être une place d’armes sur les ordres de Charles Dupuy-Montbrun (1530-1575) après que son propre château fût démantelé sur ordre royal. Le chef huguenot y voyait un emplacement stratégique : une porte d’entrée vers les Baronnies, le Comtat Venaissin et la Provence. La forêt de chênes de très haute futaie qui autrefois entourait le château le rendait quasiment invisible et
permettait de « voir sans être vu ».
Cette période faste pour le château s’achève avec la Révolution Française. Après une longue période à l’abandon, la famille Dupuy-Montbrun qui depuis quelques générations ne vivait plus dans la région, décide de se séparer du château, alors devenu bien national. Une famille de Buis-lesBaronnies, la famille Roux, l’acquiert alors et ses descendants en sont aujourd’hui toujours les propriétaires. Pourtant, la famille ne s’y installe pas. Elle entreprend un déboisement de ces grands chênes, très recherchés pour les bateaux et surtout pour les traverses des chemins de fer, en pleine expansion. Les bâtiments eux, en revanche demeuraient en très mauvais état. Au gré du temps et des successions, personne de la famille de s’y installe réellement. Les terres sont laissées en gérance à quelques paysans.

En 1963, Pierre et Margherita Blanc s’y installent pour reprendre la tête des 200 hectares et y installer une réelle production lavandicole. Pierre Blanc, descendant des Roux, hérite d’une bonne partie de la bâtisse. Issu d’une famille d’oléiculteurs de Buis-les-Baronnies, il rencontre Margherita, la belle lombarde née en Italie venue faire les saisons. Ils se marient et décident de racheter les quelques parties restantes du château qui étaient dispersées dans la famille afin de la réunir sous un seul et même propriétaire. De leur union naissent 7 enfants. Toute la famille loge au château, dans l’aile Est, plus ou moins habitable, et malgré les quelques années difficile, toute la famille se consacre à l’exploitation agricole et l’éducation des enfants. L’état des bâtiments se dégradant, il est urgent de construire un nouvel abri pour cette famille. La famille entreprend des travaux de restauration de l’aile Ouest et s’y installe en janvier 1981. En novembre de la même année, la partie Est s’effondre.

En 1997, Pierre Blanc décède. Ses deux fils aînés reprennent l’exploitation lavandicole. Quant à Margherita, elle se lance dans la restauration de l’édifice. Elle consacre quinze année se sa vie, nuit et jours à ce bâtiment. Manquant de moyens, elle fait tout elle-même : maçonnerie, menuiseries, carrelages, peintures… Aujourd’hui environ la moitié du château est restaurée et abrite des chambres d’hôtes, des gîtes, un restaurant et une boutique où on peut découvrir les produits de la ferme.

Doté d’une vue magnifique et en plein cœur des champs de lavande, le site est majestueux, mystérieux et enchanteur. On s’attache vite à ce lieu et toute cette famille qui se bat au quotidien pour sauver son patrimoine. C’est une famille d’amoureux de vieilles pierres, de nature et surtout de lavande, devenue une réelle passion familiale qui se transmet de génération en génération. Une force pour cette famille qui dispose d’une connaissance et d’une maîtrise pointue de la fleur. On y apprend beaucoup de choses lors des balades sur le sentier botanique, ou lors des visites guidées de l’exploitation. A la fin des visites, on nous propose un délicieux thé à la lavande à la fraîcheur des vieilles pierres dans les anciennes écuries restaurées en une boutique spacieuse et agréable. On y retrouve des produits traditionnels tels que l’huile essentielle, les bouquets, mais aussi plein de gourmandises, de l’épicerie fine, des produits de la ruche, ou encore des produits cosmétiques. Des produits bio, tous fabriqués localement par des artisans régionaux. Tous les produits sont plus surprenants les uns que les autres. Vous succomberez sans aucun doute aux macarons à la lavande, au chocolat à la lavande, ou encore aux confitures à la lavande. Un endroit charmeur qui fait de la lavande un véritable trésor
du terroir et du château !

Et l’histoire familiale n’a de cesse de traverser les générations. Jean-Paul et Michel, les fils de Pierre et Margherita sont aujourd’hui épaulés par leur propres fils sur l’exploitation désormais labellisée agriculture biologique. Les filles, elles, sont à la tête de l’accueil au château. Récemment, c’est la petite-fille de Margherita, Inès Eydoux qui a repris l’activité, accompagnée par sa mère, Claudine et sa tante Isabelle. Tous œuvrent pour que ce lieu reste un lieu enchanteur et emblématique de la Provence du Haut.

Comment s’y rendre : Au départ de Sault, prendre la direction Saint-Trinit, puis Ferrassières. Le
château est indiqué par des panneaux et se trouve à 1km du village en direction de Revest-du-Bion.
Château de la Gabelle
1 065 route de Revest-du-Bion
26 570 Ferrassières
La boutique est ouverte tous les jours en saison de 8h30 à 19h00.

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